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[personal profile] chonaku55
Titre : aucun pour l'instant
Fandom : Batman
Perso : Mr Freeze et Koonak
Genre : famille, hurt/comfort
Timeline : quelque temps après que Koonak ait été recueilli
Avertissement : Victor a un passif d'enfant battu, puis abandonné et renié et d'essayer des méthodes extrêmes pour sauver des animaux, présence de violence et de gore...

Au début, Koonak était trop faible pour s’alimenter tout seul. Il avait alors ressorti les biberons d’autrefois, ceux qu’il avait utilisé pour les ourses à défaut d’avoir pu le faire pour un autre petit être, un projet jamais évoqué à regret avec son épouse. Il berça l’enfant ainsi, dans l’une des pièces chauffées du repaire, celle avec la cheminée et les tableaux qu’elle aimait autrefois, adjointe d’une bibliothèque qui semblait sans fin. Emmitouflé dans une couverture épaisse, le garçon de quatre ans bien trop pâle tétait la soupe sans se plaindre, ni vers trop de bruit. Les petits yeux noirs brillants étaient à demi-clos et quand il eut fini, il se roula davantage en boule et se calla davantage contre l’homme qui le nourrissait. La situation était tellement nouvelle pour lui. Il avait l’impression que le ciel lui avait envoyé un bébé bien trop grand sur le bas de la porte, ce qui était effectivement une façon de voir les choses. Il regarda l’enfant endormi, une main s’égara sur la joue ronde d’un visage si brun, tellement éloigné du sien, peut-être pour le mieux dans le cas probable où  ils auraient à se séparer.

 

L’enfant qu’il n’avait jamais eu avec Nora aurait sans doute eu les yeux bleus, vifs comme ceux de sa mère ou doux comme les siens autrefois. Sans doute ses cheveux noirs ou alors, une teinte châtaigne plus proche de la chevelure de sa femme. Il pensa à son visage, la mine accueillante de Nora ou sa mâchoire carrée disgracieuse ? Le visage long certainement. Les sourcils arqués ou fins ? Jusqu’où aurait-il grandit ? L’aurait-il dépassé ? Ce serait-il retrouvé un jour devant son enfant à relever la tête pour lui parler quand hier encore il se serait agenouillé pour le regarder droit dans les yeux ? Puis, il songea que Nora n’était guère bien grande, sans doute l’enfant aurait-il été dans un entre-deux parfois, assez grand pour que sa mère s’en émeut, mais toujours son petit, au fond, celui qu’il aurait chéri comme il chérissait sa mère.

 

 Les goûts et les couleurs, il ne s’y aventura pas. Pourquoi l’aurait-il fait ? Les siens étaient tellement éloignés que ceux de ses parents, penser qu’ils auraient été semblable, même amour de la science et du froid, même sensibilité, peut-être même timidité ou asociabilité, tout ceci était vain. Non, il aurait été l’enfant de lui et Nora, l’ensemble de deux êtres et le sien propre en même temps, pas un vulgaire amalgame des deux ou un clone tout juste bon à refaire les même erreurs. Il l’aurait accepté, même sportif, même danseur, le second cas l’aurait rempli de joie au contraire. Un danseur ou une petite ballerine s’amusant autour de lui, de joie en le voyant arriver le soir. Il l’aurait prit dans les bras ou, au moins, l’aurait salué en caressant les cheveux, les yeux rendus tendres pendant que Nora se serait avancé pour l’embrasser, pourquoi pas dans l’attende d’un autre petite miracle. Pourquoi se cantonner, pourquoi se limiter ? Une fille et un garçon, chacun différent, ou deux filles aussi belles que leur mère, deux garçons, deux frères soudés quand lui n’avait même pas eu de cousin avec qui la solitude aurait pu être tué. Un autre peut-être qui n’arriverait jamais.

 

Pour la première fois depuis des années, depuis qu’il avait enterré dans son cœur ses parents après une nuit de trop à supplier silencieusement de revenir le chercher, à défaut de l’aimer. Il aurait été sage, juré, gentil, obéissant, intelligent, tout, parfait, parfait, parfait pourvu qu’ils reviennent enfin le chercher. Le lendemain fut comme les autres, entre les moqueries des uns et les brimades des autres, une autre vacance de Noel dans le pensionnat, à la fenêtre, regardant les autres rejoindre leur famille. Jamais il ne revit ses parents. De temps à autre, il recevait un cheque, les grandes vacances demeuraient solitaires dans la maison pendant qu’ils parcouraient le monde. Quand ses parents daignaient l’inviter.  Puis il se réfugia dans un studio quand sa majorité vient et qu’il put officiellement être rejeté sans attirer l’attention sur la famille. Le reste de la famille demeurât muet sur ce qu’il lui était arrivé, sans doute approuvaient-ils. Il était un monstre, après tout, pourquoi l’accepter tel qu’il était ? Pourquoi faire venir la honte dans la famille ?

 

« Il aurait mieux valu, mon fils, que tu te fus toi-même congeler. » dit-il une fois devant le miroir autrefois, la première fois qu’il entra dans son chez-soi en sachant qu’il ne verra jamais plus la maison de son enfance, même de loin, quand les traits tendaient de plus en plus vers ceux de son père. Une singulière ironie quand ce qui venait en premier à son sujet fût les coups, la honte, sans doute aussi le mépris et la haine. Il dit cette phrase par défi, par ennui, peut-être aussi parce que jamais son père n’avait daigné le lui dire, préférant lui dire adieu en le frappant plusieurs fois au visage, contre le mur, pour qu’il puisse afficher par la suite des bandages. Cette fois, sa mère ne le réconforta pas, même quand son père écrasa son hamster sous ses yeux, faisant une brève remarque sur le fait qu’il serait difficile de faire partir la tâche de sang.

 

« De toute façon, tu allais la tuer dans le frigo, autant que je te montre comment un homme, un vrai, tue une bête, espèce de taré. »

 

« Nikki était malade, mais je savais qu’un jour, je pourrais la guérir. » avait-il dit à sa mère pendant qu’elle le soignait. « Si seulement papa n’avait pas fait ça... »

Les larmes lui montaient aux yeux à ce moment-là, sa mère s’arrêta alors, son regard d’ordinaire doux sur lui. « Elle aurait pu vivre maman et on aurait été tout les deux, pour toujours. » 

 

Les yeux bleus, les même que les siens, demeurèrent durs quand elle répondit d’une voix sèche : « Nikki n’était pas malade, elle était vielle. De toute façon, elle sera morte cette semaine ou la suivante. Tu n’as donc pas à te plaindre. Ce que tu as fait ce soir et aux autres animaux blessés n’est rien d’autre qu’une infâme cruauté que seul un cerveau malade pourrait imaginer. C’est ce que tu es Victor. Nous avons tout fait pour toi, absolument tout et tu nous couvres de honte en te comportant comme un monstre de foire. »

 

« Mais... mais... » Les larmes cavalèrent sans qu’il pût les empêcher. « Je voulais simplement les aider... je voulais  les sauver, tous, seulement... gagner du temps... » La claque partit sans attente, lui laissant à peine le temps de respirer, tout juste le temps de caresser le bleu à travers les bandages. « Tu es un ignoble petit menteur qui ne mérite même pas de vivre ! »

 

Un instant de silence et elle poursuivit, la main tremblante et les lèvres frémissantes. « Est-ce que... est-ce qu’au moins, tu as essayé, est-ce qu’au moins tu as essayé de ne pas être ainsi ? »

 

Encore aujourd’hui, il sentait encore le froid qui l’avait saisi, les larmes humides et amères, la voix balbutiante, la peur plus forte chaque seconde.

 

« Je comprends pas... maman, je ne... je ne... »

 

« Moi aussi Victor. » l’interrompis sa mère. « Moi aussi je ne comprends pas... comment j’ai pu perdre mon temps avec toi.»

 

Elle partit sans lui adresser un regard, le laissant seul dans le noir. La prochaine fois que son père le battit, le lendemain, l’autre et toute la semaine ensuite, sur des motifs divers, souvent fallacieux, elle ne dit rien et il pleura dans sa chambre.

 

Moins de deux mois plus tard, il fut envoyé dans un pensionnat qui servait de maison de correction. Il avait huit ans.

La dernière fois qu’il avait vu ses parents, c’était à travers une vitre, sans qu’ils lui accordèrent ne serait-ce qu’une vague attention.

 

 Il se dit que maintenant, plus de vingt sept  ans après, ils avaient dû apprendre ses crimes, sans doute aussi le fait qu’il était marié. Victor n’avait jamais envoyé de faire-part, non pas parce qu’il leur en voulait encore, mais justement, parce qu’il ne les voulait pas. C’était l’enfant de huit ans aux pleurs intarissables qui suppliait d’être repris sans qu’il soit entendu. Pas l’adolescent. Encore moins l’adulte qui démarrait une nouvelle vie, plus heureuse, oh oui, n’avait que faire d’eux. Encore aujourd’hui, maintenant que son monde s’était effondré et qu’il se retrouvait à bercer un orphelin, il se dit que ça n’avait pas réellement d’importance. Le fait qu’ils pourraient être morts, le fait qu’encore une fois, ils ne l’auraient pas comprit ou l’auraient davantage rejeté, que ses actes confirmèrent leurs pensées sur lui...

 

Ils avaient renoncé à lui depuis l’âge de huit ans, sans doute plus tôt, comment savoir, donc, quelle important ?  

 

Victor n’avait su le mot famille uniquement quand Nora devient la sienne, de toute façon, pourquoi se soucier de l’autre, celle du sang qui l’avait rejeté ?

 

 Et maintenant...

 

Koonak était maintenant immobile, son visage rond sans aucune tension, les flammes laissant des ombres qui léchaient son visage buriné, ses pommettes hautes, son nez rond, se confondant dans les plis et replis de la couverture et la chevelure noir d’encre. Il n’était pas l’enfant que Nora et lui auraient pu avoir et il se jura qu’il ne serait pas comme lui, l’enfant qui pleurait sans que personne ne pensa à accourir, le garçon puis l’adulte qui pouvait seulement perdre, jamais sauver. Tout comme il ne serait jamais comme son père et sa mère. Hors de question.

 

Il était Koonak, il était vivant, ce n’était pas une hypothèse issue de son imagination, ni un souvenir douloureux ou doux-amer, mais une réalité, fragile et précieuse, nouvelle, qui ne demandait qu’à grandir, imprévue, si imprévue.

Il pourrait le ramener dans sa chambre, mais il l’observait encore. Il se souvient de Nora pencher sur le berceau de l’enfant d’un cousin, chantonnant une berceuse et lui à ses côtés qui ne se sentait pas à sa place.

 

Koonak lui, avait maintenant la sienne dans ses bras, tout son poids sur lui, son attention, toutes les réserves d’amour qu’il n’utilisait plus mais conservait en lui, quelque part où la glace n’avait pas tout pris. Victor savait qu’il ne serait jamais le père que Koonak méritait et des parents morts, il ne subsistait même pas un souvenir. Cependant, il ferait de son mieux et une fois Nora de nouveau ici, avec lui... Koonak aurait la meilleure des mères, Nora le garçon le plus adorable de la terre, celui qu’il n’avait pas su lui donné. En attendant, il fallait patienter et au lieu de se complaire dans des rêves stériles et des souvenirs sordides, s’occuper de l’unique personne qui comptait encore sur lui, pour lui, son petit enfant, le petit miracle, le petit prince, l’enfant roi qui restera caché, comme le plus précieux des souvenirs et le plus beau des trésors. 

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